Documents historiques: L'internement durant la Première Guerre mondiale
 

Les raisons de l’internement des Ukrainiens pendant la Première Guerre mondiale

Cet ensemble de sources primaires et secondaires comprend des documents gouvernementaux, des interviews, des articles de journaux, des éditoriaux et des discours qui décrivent les raisons de l'internement des Ukrainiens pendant la Première Guerre mondiale.

Format: PDF
Sujets: Études sociales, Histoire
Année: 7, 8, 9, 10, 11, 12
Type de ressource: Documents sources
Language: Anglais

Tâches pour élèves

Quels sont les facteurs les plus importants qui ont conduit à l’internement des Ukraino-Canadiens durant la Première Guerre mondiale?

Pour comprendre les vraies raisons de l’internement des Ukraino-Canadiens, vous pourriez examiner les aspects suivants:

  • les facteurs économiques;
  • les conditions de vie au début de la Première Guerre mondiale;
  • les attitudes à l’égard des immigrants ukrainiens au Canada;
  • la peur des nouvelles théories politiques, comme le communisme et le socialisme.

Contexte historique pour les enseignant(e)s

Les Ukrainiens au Canada avant la Première Guerre mondiale

  • Environ 171 000 immigrants ukrainiens sont venus au Canada entre 1892 et 1914. La plupart provenaient des provinces de Galicie et de Bucovine dans la partie occidentale de l’Ukraine, qui faisait partie de l’Empire austro-hongrois. Ils s’établirent surtout dans des régions dont le climat et les terres ressemblaient à ceux de l’Ukraine occidentale : de vastes contrées tapissées de bosquets de peupliers faux-trembles et de prairies de fétuque scabré, s’étirant du sud du Manitoba à Peace River, dans le nord de l’Alberta. Les immigrants ukrainiens étaient portés à s’établir auprès d’autres Ukrainiens afin de conserver leur langue, leurs coutumes et leurs traditions religieuses.
  • Parmi ces milliers d’immigrants, nombre d’entre eux étaient de jeunes hommes qui cherchaient un travail temporaire avant de retourner dans leur patrie. Par conséquent, ils ne cherchèrent pas à obtenir la citoyenneté canadienne et demeurèrent des citoyens autrichiens.
  • Lorsque l’Empire britannique, allié à la Russie et la France, déclara la guerre aux Allemands et à l’Empire austro-hongrois en 1914, le Canada entra automatiquement en guerre. Les centaines de milliers d’immigrants vivant au Canada, qui étaient des citoyens de pays ennemis, comme l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la Bulgarie et la Turquie, inquiétaient grandement le gouvernement canadien. Ces immigrants étaient-ils plus loyaux envers leur pays d’origine ou le Canada? Est-ce que ces immigrants deviendraient des espions ou des détracteurs? Est-ce qu’ils tenteraient de rentrer chez eux afin de se battre contre le Canada?

La restriction des droits des Ukrainiens

  • Le gouvernement canadien prit un décret imposant l’enregistrement et, dans certains cas, l’emprisonnement d’étrangers de « nationalité ennemie ». Environ 120 000 personnes vivant au Canada furent qualifiées de « sujets d’un pays ennemi » (c’est-à-dire, des citoyens d’un pays ayant déclaré la guerre au pays où ils habitent).
  • Entre le 4 août 1914 et le 24 février 1920, 80 000 personnes, en majorité des Ukrainiens, furent obligés de se présenter régulièrement à des bureaux d’enregistrement spéciaux, à la police locale ou à la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest. On leur remit des pièces d’identité qu’ils durent porter sur eux en tout temps, sans quoi ils pouvaient être arrêtés, recevoir une amende ou même être emprisonnés.
  • Tous les sujets d’un pays ennemi vivant à moins de 32 km (20 miles) d’un bureau d’enregistrement étaient tenus de s’y enregistrer, tandis que ceux qui habitaient loin des grands centres pouvaient s’y présenter moins souvent.
  • Les sujets d’un pays ennemi se virent aussi imposer des restrictions quant à leur liberté d’expression, à leur association et à leurs déplacements. L’on ordonna aux municipalités de surveiller tous les Allemands et les Autrichiens dans leur région respective, et l’on interdit à tous les sujets d’un pays ennemi de quitter le Canada.De plus, de nombreux employeurs poussèrent le zèle patriotique, allant même jusqu’à licencier les Autrichiens et les Allemands travaillant pour eux.

L’internement commence

  • En tout, 8 579  sujets d’un pays ennemi (dont 81 femmes et 156 enfants) furent emprisonnés dans l’un des 24 camps d’internement du Canada. Les camps d’internement ont logé 5 954 Austro-Hongrois (dont la plupart étaient vraisemblablement ukrainiens), 2 009 Allemands, 205 Turcs et 99 Bulgares.
  • Aucun Ukrainien de citoyenneté russe ne fut emprisonné. Seulement 3 138 des 8 579 internés étaient considérés de véritables prisonniers de guerre (des individus capturés qui faisaient partie de l’armée ou des réservistes ayant été appelés à servir dans les forces armées de leur pays d’origine). Les autres étaient tous des civils.
  • Pendant les années de guerre, les associations ukraino-canadiennes envoyèrent de nombreuses lettres, des pétitions et des mémoires aux autorités fédérales et provinciales, attestant que les Ukraino-Canadiens étaient loyaux au Dominion du Canada et à l’Empire britannique, et non pas à l’Autriche-Hongrie.
  • Malgré le fait que la plupart des camps fermèrent leurs portes entre 1916 et 1918, plusieurs camps (à Vernon, en Colombie-Britannique; à Kapuskasing, en Ontario; à Amherst, en Nouvelle-Écosse) demeurèrent ouverts jusqu’en 1919 ou 1920, soit près d’une année et demie après la fin de la guerre.
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